Un investisseur se demande si un projet est rentable. Un bailleur se demande ce qu’il change pour la collectivité. Ces deux questions n’appellent ni la même étude, ni le même livrable. L’étude d’impact socio-économique mesure la valeur créée pour un territoire et ses habitants, et c’est souvent elle qui débloque un financement public. Voici comment la mener sérieusement.
Étude d’impact ou étude de marché : deux questions, deux livrables
La confusion est fréquente et coûteuse. Une étude de marché éclaire une décision privée : y a-t-il une demande, une concurrence maîtrisable, une rentabilité. Une étude d’impact répond à une autre attente : quelle valeur le projet apporte à l’économie et à la population. L’une regarde le compte d’exploitation, l’autre regarde le territoire.
| Critère | Étude de marché | Étude d’impact |
|---|---|---|
| Question | Est-ce rentable pour moi ? | Quelle valeur pour la collectivité ? |
| Destinataire | L’investisseur | Le bailleur, l’institution |
| Mesure | Demande, marge, part de marché | Emplois, revenus, recettes, effets induits |
Ce qu’un bailleur public attend vraiment
Les institutions ne financent pas des intentions, elles financent des effets démontrés. Face à la Banque mondiale, à la Société financière internationale, à la Banque africaine de développement, à la BOAD ou aux agences de coopération, un dossier n’emporte l’adhésion que s’il parle leur langage : celui des cadres d’évaluation d’impact.
Ces référentiels existent et font autorité. Les cadres d’impact des bailleurs évaluent un projet sur deux plans : ses effets directs sur les parties prenantes, emplois et valeur ajoutée en tête, et ses effets sur le marché, comme la compétitivité et la durabilité du secteur. Structurer son dossier selon ces dimensions, c’est déjà se rendre lisible pour celui qui décide.
La chaîne de la valeur créée : direct, indirect, induit
L’erreur la plus commune consiste à ne compter que l’emploi visible, celui du projet lui-même. Or l’impact réel se déploie en cercles successifs, et c’est leur somme qui compte.
- Emplois directs : ceux que le projet crée en son sein, les plus faciles à compter.
- Emplois indirects : ceux des fournisseurs et des sous-traitants mobilisés par l’activité.
- Emplois induits : ceux que la dépense des revenus distribués soutient dans l’économie locale.
À ces cercles s’ajoutent la valeur ajoutée locale, les revenus des ménages, les recettes fiscales et le contenu local des achats. Une mise en garde s’impose toutefois : les coefficients qui relient l’emploi direct à l’emploi indirect varient selon le secteur et le pays. Importer un multiplicateur tout fait d’un autre contexte ruine la crédibilité d’un dossier. Chaque effet doit être estimé à partir de données locales, jamais recopié.
Chiffrer honnêtement : contrefactuel et attribution
Un impact crédible répond à une question dérangeante : que se serait-il passé sans le projet ? C’est le principe du contrefactuel. Attribuer au projet des emplois ou des revenus qui seraient apparus de toute façon gonfle artificiellement le bilan et se retourne contre le porteur dès la première contre-expertise. La rigueur, ici, est un atout, pas une contrainte.
Un dossier qui convainc bailleurs et institutions
La force d’une étude d’impact tient à son ancrage. Les données de cadrage, population, emploi, niveau de vie, proviennent des sources officielles ivoiriennes, du recensement de 2021 aux grandes enquêtes sur les ménages. Adossé à ces références et structuré selon les cadres reconnus, le dossier cesse d’être un plaidoyer pour devenir une démonstration. C’est ce qui le rend recevable devant la BOAD, la Banque africaine de développement, la Banque mondiale ou les agences de coopération.
PSLEAD Group conduit des études d’impact socio-économique alignées sur les cadres des bailleurs : théorie du changement, contrefactuel, indicateurs d’emplois et de revenus estimés à partir des données nationales. Un dossier défendable, où chaque chiffre remonte à sa source.
En somme
Mesurer un impact, ce n’est pas afficher le plus grand nombre possible, c’est chiffrer honnêtement la valeur réellement créée. Distinguer les trois cercles de l’emploi, assumer le contrefactuel et ancrer chaque estimation dans des données vérifiables : voilà ce qui transforme une ambition en dossier finançable. Cette exigence prolonge notre approche des études stratégiques, au service des porteurs de projets et des institutions.
Sources : cadres d’évaluation d’impact, Société financière internationale (dispositif AIMM) et Banque mondiale (théorie du changement, contrefactuel et attribution, Development Impact) ; données de cadrage, ANStat, RGPH 2021 et enquêtes sur les conditions de vie des ménages.



